Nous voyons actuellement une hausse du nombre d’études sur la politique nationale japonaise, portant plus précisément sur l’utilisation de main-d’œuvre immigrante et migrante — incluant la main-d’œuvre migrante pour les soins — dans le but de résoudre la crise du vieillissement du Japon.

Les défis que présente la réforme de la politique d’immigration au Japon sont analysés dans les articles d’Ito Peng, « Testing the Limits of Welfare State Changes: The Slow-moving Immigration Policy Reform in Japan » et « Japan and its Immigration Policies are Getting Old ». Elle souligne l’importance du sentiment publique et du faible soutien de l’immigration chez le grand public.

Jeremy Davidson, étudiant à la maitrise en Politiques publiques au School of Public Policy and Governance de l’Université de Toronto, recueille actuellement, sous la supervision du professeur Peng, des données sur la manière dont les responsables des politiques dans les zones rurales du Japon perçoivent et parlent des immigrants et de l’immigration.

Au cours de l’été 2015, il a interviewé 30 politiciens, fonctionnaires, et leaders du secteur privé dans la préfecture de Yamaneshi, qui est située environ 125 kilomètres à l’ouest de Tokyo. À l’hiver 2016, Davidson a terminé de transcrire et de codifier les interviews, mais n’a pas encore cerné de conclusions.

Parmi ses résultats préliminaires : la prestation de soins était l’emploi le plus mentionné.

Une « préoccupation principale » des personnes interviewées est celle que l’immigration mènerait à l’érosion de l’identité japonaise, affirme Davidson. Mais il a aussi noté des signes d’une hausse de l’ouverture parmi certaines personnes interviewées après leur expérience auprès de travailleurs migrants.

Un dirigeant d’un établissement de soins a dit que son malaise initial face à l’Islam s’était transformé après avoir travaillé avec trois soignantes indonésiennes musulmanes.

« Il a été touché par leur assiduité et leur travail acharné. »

« [Cela suggère la possibilité] d’une transformation par interaction. On apprend à connaitre “l’autre” et ensuite, ils ne sont plus “l’autre”. »

D’autres ont exprimé des préoccupations plus pratiques : « Nous faisons entrer ces gens au pays, et s’ils ne réussissent pas leur examen, et ils ne peuvent pas travailler, c’est un peu une perte d’argent. D’un autre côté, s’ils ne passent pas, est-ce que le travail sera de plus mauvaise qualité ? »

Cliquez ici pour plus d’information sur la crise du vieillissement du Japon, le programme de soignants et la recherche d’Ito et de Jeremy.

 

127 millioN

La population approximative du Japon

87 million

La population prévue d’ici 2060 si la tendance se maintient

1:1

Taux de dépendance des personnes âgées en 2055 : environ une personne de plus de 65 ans pour chaque personne en âge de travailler au Japon

400 000-600 000

le nombre estimé de nouveaux soignants nécessaires en centres de soins infirmiers au Japon dans les dix prochaines années

2000

Le nombre de soignants indonésiens et philippins que le Japon a convenu d’accepter ANNUELLEMENT à partir de 2007/2008

1360

Nombre TOTAL de soignants indonésiens et philippins formés au Japon en 2012

30 sur 311

Nombre de stagiaires en soins migrants qui ont réussi l’examen de qualification en 2015, selon le magazine financier The Nikkei