Précarité financière. Apprendre une nouvelle langue. S’adapter à une nouvelle culture. Ce sont là les défis auxquels nous savons que plusieurs immigrants font face. Mais qu’en est-il du défi d’essayer de fournir des soins à un membre de la famille soudainement malade, au milieu de tout cela?

Quand Azzedine est arrivé au Canada d’Algérie en 1997, il voulait offrir à sa famille une vie meilleure. C’était à peine s’il parlait couramment anglais, mais il a travaillé consciencieusement afin de parrainer son frère, sa sœur et sa mère pour qu’ils viennent au Canada et qu’ils puissent bâtir ensemble leur nouveau domicile.

Ce qu’il n’avait pas anticipé, c’est de devoir arranger les soins de sa mère. Quand elle est tombée malade, il a « pensé que ce serait du gâteau. Tu prends soin de ta mère, il n’y a rien là. Mais tu n’as pas idée de l’ampleur du combat avant d’y faire face toi-même. » Comme il était trop dispendieux d’embaucher un soignant, il a décidé de prendre soin de sa mère lui-même. Mais il devait aussi prendre soin de sa famille financièrement. Il s’est avéré difficile de faire les deux.

Les responsabilités d’Azzedine chez lui et au travail se trouvaient constamment en conflit. On l’a licencié d’un emploi parce qu’il devait souvent demander des jours de congé pour prendre soin de sa mère. « Ils m’ont dit : « Nous savons que tu es un bon employé, mais nous ne pouvons pas supporter cela. » Ce n’est pas facile. Ça va affecter ton travail. Ça va affecter ta vie. »

Pour très longtemps, Azzedine était la seule personne responsable de conduire sa mère à l’hôpital, de faire le suivi de ses médicaments, et de prendre soin d’elle quotidiennement, avant et après son travail. Heureusement, sa sœur Safia est récemment arrivée au Canada et l’aide à présent à prendre soin de leur mère.

Pour Azzedine, il est normal de faire des soins de sa mère une responsabilité familiale. « Pour moi, c’est comme ça qu’on a été élevés. Dans ma famille, tout le monde aidait dans la maison », explique-t-il. D’un autre côté, il aimerait que l’on offre plus de soutien. « Grâce à Dieu, j’ai ma famille qui peut prendre soin de ma mère. Mais qu’en est-il des autres? »

80

Pourcentage des soins prodigués aux individus avec des conditions à long terme qui sont fournis par des proches aidants – des soins fournis de manière non rémunérée par des membres de la famille et des amis (2015)

$25BILLION

Contribution annuelle des proches aidants en travail non rémunéré (2009)

35

Pourcentage des proches aidants qui rapportent avoir vécu du stress et connu un déclin de leur santé en raison des responsabilités liées à leurs responsabilités de soignants. (2013)