Ida * est aide familiale depuis 26 ans. Elle a eu quatre clients, s’occupant de chacun jusqu’à leur décès. Une partie essentielle du travail de soin consiste à fournir de la compagnie. L’aspect émotionnel du travail de soin crée un lien intime entre les soignants et les bénéficiaires, ce qui peut être à la fois gratifiant et stressant.

Cela provient en partie du fait de travailler chez la personne, explique Ida. Dans cet environnement, elle est souvent traitée comme un membre de la famille du bénéficiaire de soins: «Vous apprenez à les aimer et à être compatissant envers eux. Vous les traitez comme s’ils étaient vos propres grands-parents, surtout quand ils font preuve de bonté envers vous. C’est à ce moment que j’apprécie le plus le travail », explique Ida.

Être traité comme un membre de la famille présente aussi ses difficultés. La nature émotionnelle et intime du travail d’Ida – habituellement réservée uniquement aux relations familiales – peut nuire à ses droits en tant que travailleuse. Parfois, les employeurs s’attendent à ce qu’elle fasse des tâches en dehors de celles que définit son contrat, comme faire des courses pour la famille. Ou parfois, les membres de la famille la blâment lorsque son client est désobéissant, par exemple, s’il refuse de faire de l’exercice.

Néanmoins, Ida dit: “J’ai de la chance. Dieu merci, tous les employeurs que j’ai eu ont été bons pour moi. Cela dépend vraiment de la famille. ”

Bien qu’Ida apprécie la nature émotive de son travail et qu’elle soit reconnaissante pour les occasions qu’elle a eues, elle ne veut pas offrir une vision édulcorée des difficultés que présentent le travail comme aidante familiale des Philippines au Canada, surtout si l’aidante ne possède pas la résidence permanente.

“Parfois, vous devez le faire parce que vous devez vraiment le faire. Les [employeurs] offrent de l’argent auquel vous ne pouvez pas résister, même si le travail est vraiment exigeant. Parfois, ils vous traitent même comme une esclave. Il est important que nous nous attaquions à ces problèmes “, insiste-t-elle.

 

* Le nom est un pseudonyme. La photo utilisée ne représente pas la personne interviewée

95

Pourcentage d’aides familiales dans le programme qui viennent des Philippines, presque entièrement des femmes (2014)

13

Pourcentage d’aides familiaux résidants qui s’occupent d’aînés, comparativement à 77% qui s’occupent d’enfants (2013)

63

Pourcentage d’aides familiales résidantes ayant obtenu un diplôme de premier cycle ou plus en 2009, en forte hausse par rapport à 3% en 1993 (2011)

48

Nombre  d’heures supplémentaires hebdomadaires non rémunérées effectuées par les aides familiaux résidants (2014)