Féroce, tenace et persistante. C’est la manière dont leZlie Lee Kam s’identifie. En plus de se définir en tant que gouine* à la peau brune**, caribéenne, trinidadienne, calaloue***, leZlie participe à des activités politiques auprès des communautés LGBTQ+ depuis qu’elle a rendu publique son homosexualité en 1976. Ancienne chair du Senior Pride Network, elle milite pour l’amélioration des services de soins pour les LGBTQ+, plus particulièrement les personnes âgées et les transgenres.

Ce militantisme tire en partie son origine des sept années pendant lesquelles leZlie a elle-même reçu des soins à domiciles. « J’étais atteinte du psoriasis. La préposée aux services de soins personnels (PSSP) arrive et je commence à me déshabiller – elle sait après avoir lu mon dossier que j’ai souffert du psoriasis. Et tu sais, je suis déjà devant une étrangère et je dois enlever mes vêtements et me mettre nue, et elle sursaute et elle dit « Mon Dieu! Regarde-toi! » »

leZlie était déjà à son point le plus vulnérable – nue, devant une étrangère qu’elle n’avait jamais rencontrée, démoralisée parce qu’elle avait été malade, et à présent devant une PSSP qui croyait que les cicatrices dues au psoriasis étaient contagieuses. « Ensuite, elle a découvert que j’étais lesbienne, ce qui a encore plus empiré les choses », se souvient leZlie.

leZlie explique que son expérience est fréquente chez les LGBTQ+ qui reçoivent des soins personnels, surtout chez les personnes âgées et les transgenres. Certains homosexuels doivent retourner dans le placard lorsqu’ils reçoivent des soins en raison de la stigmatisation sociale qui s’y rattache.

« Imaginez une personne âgée, une femme transgenre, peut-être. Tu reçois des soins à domicile, tu te présentes comme femme de la tête à la taille, et puis en dessous de la ceinture, il y a un pénis. Et le PSSP vient te donner des soins et sursaute sous le choc. »

Mais leZlie est féroce, tenace, et persistante. Elle et le reste du Senior Pride Network travaillent fort pour rendre les soins à domiciles plus équitables pour les bénéficiaires de soins LGBTQ+. leZlie est formatrice bénévole auprès des 519 programmes d’éducation aux adultes et travaille avec VHA, l’une des agences de soins à domiciles les plus importantes de l’Ontario afin de fournir des ateliers d’anti-oppression et  d’inclusion des transgenres à tous les employés de VHA.

Les efforts de leZlie pour améliorer les soins à domicile des LGBTQ+ ne s’arrêtent pas là : elle rappelle l’importance d’une réelle coopération entre les législateurs et les membres de la communauté.

« Pour moi, les politiques sont l’ossature qui permet le changement. Alors je travaille du haut vers le bas et du bas vers le haut. Voilà comment j’opère. Et avec un peu de chance, nous nous rejoindrons quelque part au milieu et les choses pourront changer. »

Apprenez-en plus sur le Senior Pride Network (site en anglais): http://www.seniorpridenetwork.com/conference-and-events.htm

 

 

*En anglais « dike », qui est, comme « gouine », un mot à l’origine fortement péjoratif, que leZlie et certains membres de la communauté LGBTQ+ se réapproprient comme manifestation de leur identité. Le retournement de l’insulte crée un sentiment de fierté. N.D.T.
**En anglais « Brown », qui réfère aux gens à la peau brune à l’instar de « Black » en anglais. Originellement une base de discrimination raciale, le terme a été réapproprié par certains membres de la communauté militante, souvent d’origine sud-asiatique (de pays tels l’Inde, le Pakistan et le Sri Lanka) et caribéenne (Trinidad, Tobago, et la Barbade). Le retournement de l’insulte et dénomination discriminatoire « brown » crée aussi un sentiment de fierté qui contribue à la manifestation de l’identité des membres de la communauté. N.D.T.
***Calaloue : un plat caribéen originaire d’Afrique de l’Ouest à base de crabe et d’herbages. Ici, le terme est utilisé comme métaphore de l’amalgame des différentes origines raciales, culturelles, religieuses et ethniques que l’on retrouve à Trinidad. « Calalou » fait aussi référence aux personnes « métissées ». Le terme est utilisé comme source de fierté à Trinidad, où il incarne le sentiment d’indépendance, de modernité et de tolérance de la nation. N.D.T

 

2003

The first year the Canadian Community Health Survey began collecting data on the LGBTQ+ population

19

Pourcentage de lesbiennes n’ayant pas de médecin régulier, comparativement à seulement 12% des hétérosexuels (2008)

16

Pourcentage de femmes bisexuelles déclarant une santé passable ou mauvaise, comparativement à 12% des hommes bisexuels et à 8% des hommes et des femmes hétérosexuels (2008)