Si vous aviez un tuyau brisé à la maison, demanderiez-vous que votre plombier soit quelqu’un qui partage votre ethnicité et votre culture ? La plupart des gens, au Canada, du moins, ne considèreraient pas une telle demande. Mais qu’en est-il d’une personne qui entre dans votre demeure afin de prodiguer des soins pour un membre de la famille qui ne parle pas anglais ni français et qui se sent plus à l’aise avec des soins spécifiques à sa culture ?

Contrairement au travail de plomberie, donner des soins implique du travail émotionnel et de l’intimité. Ana de Sousa, une fournisseuse de soins principale, croit profondément que les soins particuliers à sa culture et à sa langue qu’elle peut prodiguer en tant que femme portugaise aident à créer le lien intime nécessaire à son travail.

À la résidence pour personnes âgées où elle travaille, Ana se souvient d’une fois où le personnel était préoccupé parce qu’une résidente perdait du poids. Ana a reçu la tâche d’aider cette personne en raison de sa capacité à parler portugais à cette résidente lors des repas. Les deux femmes se sont rapprochées, l’appétit de la résidente est revenu, et son poids s’est stabilisé.

L’intimité créée à travers les soins adaptés culturellement d’Ana est gratifiante, mais aussi épuisante. L’intensité émotionnelle des soins exerce beaucoup de pression sur les soignants. Ana se rappelle lorsqu’elle prenait soin de sa grand-mère : « … il y avait des moments où je devais sortir un moment juste pour lui donner une pause, pour me donner une pause. »

L’expérience d’Ana nous rappelle que la langue et la culture peuvent faire la différence entre quelqu’un qui se sent suffisamment à l’aise pour manger ou qui a faim. Bien que cela paraisse évident, le travail de soignant implique qu’il y a des personnes qui prennent soin d’autres personnes. En raison de cette réciprocité, le bien-être du travailleur se trouve toujours au centre du récit.

 

5,3% DES PERSONNES ÂGÉES IMMIGRANTES

Dans la région du Grand Toronto, les soins sont dispensés exclusivement par la famille et les amis, par rapport à seulement 3,5% des aînés non immigrants de la RGT (2016).

 

2X
Les personnes dont la langue maternelle n’est pas l’anglais sont presque deux fois plus susceptibles de ne recevoir que des soins informels (6,4% comparativement à 3,4% pour les personnes âgées ayant l’anglais comme langue maternelle) (2016)

6,3% DES PERSONNES ÂGÉES IMMIGRANTES 
déclarent avoir des besoins non satisfaits dans les soins à domicile, par rapport à seulement 4,1% des non-immigrants (2016).